Art du bois, incrustations sur meubles et objets en bois

Limal

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C’est suite à un voyage en Écosse que François Bolognese découvre les bancs-mémoriaux une tradition anglo-saxonne consistant à inscrire sur des bancs publics un hommage à une personne disparue. Il s’aperçoit alors qu’un meuble peut aller de pair avec la pratique de l’écriture. Influencé par la pensée de William Morris et le mouvement Arts & Crafts, il conçoit du mobilier sur lequel il inscrit des jeux de mots et des proverbes empruntés au répertoire des langues et de la culture populaire. Une démarche singulière, où il mobilise la technique de l’incrustation en insérant un morceau de bois massif dans un autre d’une couleur différente.

Les mots et les phrases inscrits ont l’air à première vue étranges et sérieux, mais il y a un second degré qui en émane, précise-t-il. En effet, que ce soit dans « les Hébrides », une série de cinq bancs ornés de mots en français et en anglais relatifs au voyage, à la nature, aux éléments, « le Banquet », une table de style monastère sur laquelle est écrite une phrase grandiloquente en hommage au génie de l’artisan et à la grandeur de la classe ouvrière ou encore « Antiparemia », une succession de panneaux en acajou gravés de lettres romaines, l’aspect a priori austère de ces pièces est détourné dans un but humoristique et poétique, oscillant entre le sérieux officiel féodal et l’humour populaire très Renaissance. Une référence à Bakhtine et à ses recherches sur la sociolinguistique.

Je me suis nourri de la poésie concrète qui a recours à la spatialisation des mots sur la page. Certains poètes concrets étaient également sculpteurs ou le sont devenus par la suite, comme Carl André et Ian Hamilton Finlay. Le travail de Scott Burton,un artiste américain qui a réalisé des meubles-sculptures d’une grande force, m’a aussi beaucoup marqué(Pauline Weber).